La justice en débat

Pour répondre aux questions que se posent les citoyens sur la Justice, Marseille et moi a invité deux experts de l’institution,   Christine Bartolomeï  et Jean-Pierre Deschamps. Comme l’a rappelé Aldo Bianchi dans sa présentation de l’audition-débat, la Justice est sur la place publique, plus particulièrement ces dernières années, suscitant de multiples interrogations sur son fonctionnement, son indépendance, son efficacité et enfin sur l’égalité de traitement des justiciables. Mais que vaut le traitement politico-médiatique  des affaires judiciaires ? Il était nécessaire, pour éclairer les citoyens que nous sommes, pour dépasser l’instrumentalisation médiatique et politique de la question, d’auditionner des praticiens et de débattre avec eux.  Si la Justice, comme il a été dit dans la réunion, est trop souvent le fonds de commerce de certaines politiques, il revient à une association comme la nôtre de rétablir les faits  pour permettre un débat informé et pertinent.

Christine Bartolomeï, ancienne présidente du tribunal pour enfants de Marseille, a d’emblée rectifié une image déformée de la Justice.  La fortune médiatique de certaines affaires pénales rejette dans l’ombre le travail des juges en matière civile. Travail considérable en quantité (deux fois plus d’affaires traitées qu’au pénal) et en qualité : c’est une Justice de proximité, accessible à tous, traitant les justiciables de manière parfaitement égale.  Cette  Justice, ignorée, manque de moyens et agit donc trop lentement.  Mais le travail des juges n’est pas seulement méconnu. On passe ici au pénal qui concentre l’attention de tous. Il est aussi  déconsidéré,  disqualifié, pas seulement par le traitement médiatique de certaines affaires mais aussi par l’intervention directe du politique. Chacun a en mémoire les propos fracassants de Nicolas Sarkozy à l’encontre des juges, mais l’autorité des juges a été affaiblie de manière plus essentielle par les dispositifs législatifs répressifs qui ont fleuri pendant le quinquennat précédent, limitant leur pouvoir  (par exemple l’institution de peines plancher).

C’est dans ce tableau qu’il faut poser les deux questions essentielles de l’indépendance de la Justice et de l’égalité des justiciables.

L’indépendance paraît mieux garantie depuis que les instructions ministérielles sont limitées à la politique pénale en général, à l’exclusion de toute intervention dans une affaire particulière. Cependant la carrière des magistrats du Parquet est trop dépendante du pouvoir politique. Les magistrats du siège, eux-mêmes,  protégés par les conditions de leur nomination (Conseil supérieur de la magistrature) et leur inamovibilité, sont plus indépendants , surtout s’ils renoncent à faire carrière.

Le traitement des justiciables est-il équitable ?  La justice est-elle trop sévère (on met parfois en cause les juges d’instruction) ou au contraire excessivement laxiste ? Les relaxes prononcées après procès n’invalident pas le travail du juge d’instruction : c’est le caractère d’une justice authentique que de donner lieu à un débat contradictoire. Par contre le taux de relaxe peut indiquer un dysfonctionnement : il est de 5% en Assises, 9% en Correctionnelle mais grimpe à 28% pour les affaires économico-financières. Les infractions économiques ne représentent qu’un très faible pourcentage des infractions poursuivies : 0,2% pour la fraude fiscale, par exemple ou bien 0,04% pour la corruption de fonctionnaires. Inversement, les plus démunis sont surreprésentés dans les prisons. Christine Bartolomeï  pointe ici l’effet de mécanismes  procéduraux défavorables auxquels les plus démunis sont exposés. Par exemple la procédure de comparution immédiate en correctionnelle, permise maintenant pour les affaires encourant une peine jusqu’à 20 ans de détention, conduit à un taux d’emprisonnement (ferme  notamment) bien supérieur  à celui que connaissent les affaires jugées selon la procédure ordinaire.

 Jean-Pierre Deschamps, ancien président de la Cour d’Assises d’Aix-en-Provence, tient à souligner aussi l’importance de la justice civile et, pour ce qui est du pénal, le contraste entre le délai de règlement des affaires en comparution immédiate (qui se compte en nombre de jours) et celui des affaires en procédure longue (moyenne : 3 ans et 8 mois).

S’agissant de l’indépendance de la Justice, Jean-Pierre Deschamps estime que la question se pose plutôt dans le rapport à l’opinion publique, à la manipulation médiatique de l’émotion,  que dans le rapport au pouvoir politique.  Mais son travail avec des non-magistrats, au tribunal des mineurs avec des assesseurs, en cour d’Assises avec des jurés, lui a montré la capacité de résistance aux pressions de l’opinion.  Il ya là une véritable garantie d’indépendance.

Sur l’égalité de traitement, l’expression d’ « apartheid judiciaire » lui paraît excessive au regard des situations historiques qui ont connu un tel régime. Cependant l’exemple des tribunaux pour enfants montre que le juge intervient plus souvent dans les milieux défavorisés. Par contre, on peut observer, en cour d’Assises, que le crime traverse toutes les couches sociales.

Les interventions venant  de la salle ont été très nombreuses, balayant l’ensemble des questions judiciaires et permettant de faire le tri entre ce qui marche, à l’opposé des clichés : par exemple la relaxe comme signe de bonne santé de la Justice quand son taux n’est pas disproportionné,  ou encore la réparation pénale qui protège de nombreux jeunes de la détention et permet d’éviter la récidive  et ce qui ne marche pas, là encore à l’opposé de certains clichés, comme l’état déplorable des prisons, les conditions d’incarcération  ou encore le rôle parfois discrétionnaire du Parquet.

                                                                                                               François Maurice

La situation de la presse locale indépendante. Débattre pour agir.

L’audition a permis d’entendre deux spécialistes des médias à Marseille, Jean Kéhayan et Laurent Lhardit, puis deux journalistes témoins privilégiés des difficultés rencontrées à Marseille par la presse indépendante, Michel  Gayraud, (Le Ravi) et Benoît Gilles (Marsactu).

Jean Kéhayan fait d’abord observer la tension politique constitutive des problèmes de la presse à Marseille. Si chacun reconnaît que l’exercice de la démocratie exige pluralisme et indépendance de la presse, grande est aussi la tentation, née dès l’après-guerre, d’une mainmise du pouvoir politique sur la presse.  Dès lors, l’amour proclamé pour le pluralisme s’accompagne souvent de la condition d’être le seul à s’exprimer.  C’est pourquoi il y a aujourd’hui de quoi s’inquiéter : réduction progressive du nombre des titres depuis la Libération, pressions politiques par le biais des publicités institutionnelles (Mairie, Conseil départemental…), qualité rédactionnelle variant en raison inverse des avancées technologiques, difficultés financières. L’ombre de Bernard Tapie plane dans le paysage. Le combat à conduire ici, nous dit Jean, en particulier dans son Appel du Figuier à Palabres, est le combat fondamental du siècle, le combat « contre les totalitarismes, contre la pensée rampante d’un populisme footeux et unique qui menace notre ville».

Laurent Lhardit, élu et professionnel des médias, précise les circonstances de la crise qui touche la presse, en particulier depuis les années 80. La baisse des recettes publicitaires de la presse écrite est liée à des mutations profondes : diversification et multiplication des media audio et audiovisuels puis, dans les années 90,  arrivée de l’internet et essor de la presse gratuite.  Une contradiction est au cœur de la crise de la presse aujourd’hui : l’habitude prise d’une consommation gratuite de l’information se heurte à la nécessité d’un travail coûteux pour produire cette information, un travail qualifié et conduit selon des règles déontologiques.  Cette crise est plus grave à Marseille qu’ailleurs, quel que soit le secteur, presse écrite (La Marseillaise, le Ravi), télévision (LCM), médias internet (Marsactu).  Le déficit d’information se manifestant déjà dans notre région comporte une double menace. Au plan politique d’abord où ce déficit conduit à un appauvrissement du débat public, réduit à un échange d’invectives, alors que la complexité du territoire exigerait au contraire des débats approfondis. Au plan économique aussi, dans la mesure où les chefs d’entreprise ne disposent pas d’une information économique devenue trop rare.

    Michel Gayraud est le rédacteur en chef du Ravi, mensuel basé à Marseille depuis 17 ans et actuellement en redressement judiciaire. Pour lui, la crise de la demande (baisse du lectorat) ne doit pas occulter la crise de l’offre. Il pointe la responsabilité des journalistes dans la crise : les rédactions ont trop souvent perdu la main devant les impératifs de la communication, les exigences des régies publicitaires. C’est en travaillant l’offre journalistique que les difficultés pourront être surmontées. Le Ravi, satirique, irrévérencieux veut renouer avec les principes fondamentaux du journalisme comme le travail d’enquête, tout en gardant ses distances avec les pouvoirs. Cette stratégie se développe auprès des lecteurs, auxquels il faut faire comprendre que l’information de qualité a un coût pour les amener à passer d’un achat épisodique du journal à l’abonnement. Pour sauver le journal il faut 5000 abonnements.  Du côté de la rédaction, l’orientation stratégique consiste à travailler avec des partenaires : coproduction d’enquêtes, par exemple avec Mediapart, travail en réseau avec d’autres médias, radios associatives, sites internet… Enfin, Michel Gayraud a abordé la question des aides publiques à la presse que le Ravi a vécue dans la douleur avec la suppression de la subvention du Conseil Général. On peut espérer que les projets actuels de réforme rendront le Ravi éligible à cette aide, actuellement mal fléchée, en précisant des critères d’attribution tels que le journalisme participatif ou l’éducation aux médias.

Benoît Gilles, rédacteur en chef de Marsactu, site internet d’information générale depuis 5 ans qui renaît aujourd’hui après une liquidation judiciaire, rejoint l’idée centrale du coût de l’information.  Auparavant gratuit,  Marsactu va repartir sur une autre base, payante, celle qui a fait ses preuves sur internet avec Mediapart.  Il s’agit d’inverser le cercle vicieux qui entretient la crise de la presse : la baisse des effectifs des rédactions traitées comme des variables d’ajustement  produit un appauvrissement de l’information qui entraîne à son tour une baisse du lectorat. Il n’y a pas de journalisme sans journalistes, et c’est la qualité du travail journalistique qui doit permettre de retrouver des lecteurs prêts à payer le coût de ce travail. Le journalisme est un métier, quel que soit le support. Ce nouveau rapport aux lecteurs passe aussi par leur participation à la construction de l’information et du débat, comme en témoigne la vitalité, l’animation du forum dans l’ancienne formule du site. Par leur participation aussi au financement : une campagne de financement participatif est lancée début juin.

La discussion avec la salle a fait apparaître l’inquiétude devant une information à la fois envahissante, déréglée  et appauvrie, le souci d’une éducation aux médias et l’attachement  de l’auditoire à un journalisme de qualité.  Il est apparu clairement que les lecteurs disposent d’un moyen d’action : l’abonnement, la participation financière.  Il n’y aura pas de bons journaux sans l’engagement des lecteurs, nous aurons les journaux que nous mériterons.

 François Maurice, pour « Marseille et Moi ».

 

La métropole Aix-Marseille-Provence : économie, société, politique

L’audition débat du 22 avril 2015 a montré combien la diversité des points de vue, voire parfois leur contradiction, pouvait être éclairante dès lors qu’ils sont l’expression de champs d’expertise différents, l’économie avec Philippe Langevin, la sociologie avec André Donzel, et qu’ils rencontrent les questions proprement politiques qu’un auditoire particulièrement nombreux et actif a présentées dans la partie débat de la réunion.

Philippe Langevin se fonde sur le constat d’une inadéquation entre les territoires vécus par les agents économiques, par la société civile et les territoires de pouvoir hérités de l’histoire, en particulier les communes. La mobilité (« Nous ne sommes plus dans une société de la marche à pied ») se joue des anciennes délimitations : «Nous ne sommes pas Marseillais. »

Ce constat permet de comprendre la nécessité et l’ambition de la réforme territoriale : répondre aux nouvelles conditions du développement économique (déterritorialisation de l’économie, globalisation) en substituant au couple commune-département le couple métropole-région. Il ne s’agit pas de délimiter un nouveau lieu mais de créer un milieu susceptible de mobiliser les talents de tous, d’inventer une nouvelle  politique. L’enjeu est considérable : conduire une politique de développement en rupture avec les politiques de droite et de gauche qui ont échoué face au chômage en donnant un nouveau sens à la notion de territoire. Il ne doit plus être conçu comme le lieu d’application d’une politique nationale mais comme l’espace d’invention d’un autre mode développement.

Mais il faut noter que cette ambition est entravée par l’obstacle des intérêts locaux, portés en particulier par les élus locaux. L’Etat, qui n’a pas associé la société civile au projet, se trouve dans la nécessité de l’imposer, tout en concédant, lors du débat à l’Assemblée Nationale, l’institution de conseils de territoire, calqués sur les anciens EPCI (Etablissements publics de coopération intercommunale) et limitant les compétences de la métropole aux grands schémas d’orientation.

Par conséquent, l’achèvement de l’ambition portée par cette réforme ne peut être envisagé que sur un temps long, de l’ordre de 10 à 15 ans, et suppose la mobilisation des acteurs du développement local.

André Donzel, sociologue,  aborde la question de manière moins normative (répondre à une exigence économique) mais comme un fait positif,  à la fois économique, urbain, social, plus exactement comme l’aboutissement d’un processus historique de métropolisation.  De ce fait, son approche est plus pragmatique : il examine les caractères propres de la métropole marseillaise pour y adapter de manière adéquate le projet de réforme institutionnelle.

Il décrit donc d’abord ce fait métropolitain.  Au plan économique, avec ses mutations et ses succès, qui permettent à l’aire marseillaise de bien se situer parmi les zones de croissance en Europe (4ème sur 100). Au plan urbain (étalement, dynamique de la construction). Au plan social, avec son ambivalence : le développement d’une société à liens faibles, en rupture avec les solidarités traditionnelles, conduit à la fis à une plus grande créativité, come en témoigne le développement culturel à Marseille, mais aussi au risque d’anomie (déviances, violences).  Au plan institutionnel enfin : la coopération entre les communes a fonctionné, André Donzel parle d’une « métropolisation horizontale » déjà acquise et note ici un désaccord avec Philippe Langevin.

Pour retrouver immédiatement un terrain d’entente sur la nécessité, maintenant, d’une intégration institutionnelle verticale. Mais, sur ce terrain, André Donzel peut avancer  des propositions spécifiques fondées sur l’examen des réalités locales. Le polycentrisme, typique de l’aire marseillaise, le conduit à juger favorablement l’institution des conseils de territoire : il faut s’appuyer sur les intercommunalités existantes, sur la culture de la proximité politique et de l’urbanité vivantes dans la périphérie de l’aire métropolitaine. D’autre part le caractère portuaire de la métropole  marseillaise le conduit à douter du bien-fondé d’une délimitation qui exclut le pays d’Arles et le débouché sur le Rhône. Plus généralement, l’élaboration de la réforme n’a pas suffisamment puisé dans l’expertise locale, ce qui a suscité la réaction des maires.  Enfin, la répartition des sièges, donnant une majorité à la communauté urbaine Marseille Provence, peut amener une friction entre le centre et la périphérie. D’où une inquiétude sur le fonctionnement de la future métropole, dotée de surcroît de moyens financiers limités : pourra-t-elle échapper à la tutelle préfectorale ?

André Donzel conclut sur un point d’accord : la longue durée nécessaire au processus de constitution de la métropole.

Le débat qui a suivi les exposés des deux conférenciers a essentiellement fait apparaître une troisième dimension, la dimension politique de la question, que ce soit sous la forme du rôle de la volonté politique  (M.-A. Carlotti), de l’intervention  indispensable de l’Etat dans la configuration marseillaise (P. Rastoin) ou inversement  de la nécessité d’une participation plus grande des citoyens (A. J. Morazini, J. Dragoni). Sur ce dernier point, Philippe Langevin a regretté l’absence  de démocratie participative tandis qu’André Donzel soulignait l’importance de la proximité dans la constitution de la citoyenneté, rappelant que la ville n’est pas un simple agglomérat mais qu’elle a vocation à se constituer en communauté civique.

Les quartiers Nord de Marseille dans la Métropole Aix-Marseille-Provence

Les Quartiers Nord de Marseille, avec leur mauvaise réputation, la délinquance et la violence que les médias excellent à mettre en exergue,  sont devenus un véritable repoussoir pour la construction de la Métropole Aix-Marseille-Provence, grand trou noir au cœur de l’agglomération (3°, 13°, 14°, 15°, 16° ardts, auxquels il faut rajouter partie de la Gavotte et de Septèmes). Certains redoutent tout ce que cela va couter à la Métropole pour les remettre à niveau, d’autres craignent l’effet de contagion qu’ils vont exercer sur leurs voisins. Comme si l’on pouvait mettre une muraille entre eux et le reste de l’agglomération ! Il va bien falloir, cependant, « banaliser » ces quartiers et peut-être commencer par revoir ce qui s’est fait depuis plus de 30 ans pour en tirer les leçons et, essayer de corriger les dérives qui se sont installées.

Un peu d’histoire

1- Première phase : de 1980 à 1995

Historiquement, Gaston Defferre ne s’intéresse pas vraiment à ces quartiers. Votant communiste, ils sont, pour lui, un point de fixation peu dangereux. Il en profite pour y reléguer les entreprises polluantes, y transférer les bidonvilles du Sud, les logements des plus pauvres, notamment des copropriétés vite dégradées.

Un tournant majeur se profile en 1980 : suite à une bavure policière et un début d’émeutes, G. Defferre prend conscience du caractère explosif de ces quartiers et crée une « mission ZUP« , amorce de la future « politique de la ville » : parallèlement à la réhabilitation/rénovation physique des grandes cités et ensembles HLM qui se poursuit, un travail est entrepris dans les vieux noyaux villageois existants et surtout c’est tous les services publics ou sociaux (avec le développement des services de proximité), toute une démarche environnementale, qu’il faut construire ou animer.

Selon le mot de Gilbert Bonnemaison, premier Pdt du Conseil national de prévention de la délinquance (CNPD) de 1983 à 1987, il faut ajouter au hard de la réhabilitation lourde, le soft de l’animation sociale, économique, culturelle. C’est dans cet esprit que sera désormais conduite la politique des Quartiers, au moins jusqu’en 1995.

Dès 1980, Lucien Weygand, adjoint aux Affaires Sociales, décide de les reconquérir socialement (il sera élu maire des 13/14 en 1983, P.Rastoin lui succèdera en 1989), il entreprend l’équipement social, culturel, sportif, de ces 2 ardts ; ce maillage sera poursuivi, développé, financé jusqu’en 1995. Robert Vigouroux, élu Maire en 1986, continue, en effet, cette politique. En 1989, la présence de deux maires de son équipe  (P. Rastoin et L. Vassal) à la tête des 13/14 et des 15/16, lui permet d’encourager ces 2 maires à travailler ensemble.

Le bilan qui peut être fait, en 1995, est éloquent :

  • 22 Centres d’animation de quartier,
  • une dizaine de Centres de loisirs sans hébergement (CLSH),
  • une quinzaine de Centres Sociaux,
  • 3 Points sports sensibilisent les jeunes à la pratique sportive, les initient aux sports de combats, suscitent la création d’équipes de quartiers. Le superbe complexe sportif de la Martine, dans le 15ème, est décidé en 1989 et rapidement mis en service.
  • quant au domaine culturel : outre le théâtre du Merlan, devenu scène nationale, et la bibliothèque du Merlan (tous deux situés dans le Centre Commercial du Merlan), se crée et se développe l’Espace Culturel de la Busserine qui donne naissance à des troupes (Théâtre de la Mer) et à une animation décentralisée l’été dans les cités (La Guinguette)… Pour la musique, à la Cité Jean Jaurès, est monté un studio de répétition et d’enregistrement (le groupe I am en est issu). Est décidée et menée rondement la création du véritable Pole culturel de l’Alhambra dans le 16ème.
  • des équipements nouveaux voient le jour (petits stades de proximité, Musée de la Moto avec ateliers de réparation ouverts aux jeunes du quartier de Malpassé…)
  • est créée sous l’égide de la ville, l’Aide au Travail Scolaire Personnalisé, ATSP, qui encadre, avec l’aide d’étudiants, plus de 2.000 enfants, dans les quartiers difficiles.

Le domaine économique n’est pas oublié :

  • en collaboration avec les organismes HLM, sont fondées 3 Régies de Quartier, dont la Régie 13/14, la 1ère de France, avec 120 employés, au début des années 90.
  • La Fondation FACE (Martine Aubry) s’installe et aide à la création d’entreprises.
  • Des entreprises d’insertion, aidées et hébergées par les HLM dans des rez-de-chaussée désaffectés, permettent de donner du travail à de nombreux jeunes.
  • Il ne faut pas oublier deux Missions Locales autonomes, localisée en plein centre des 14° et 15°, aux Flamants et à la Calade. Elles veillent, notamment, à ce que la clause d’insertion soit bien inscrite dans les nouveaux appels d’offres.

Tous ces équipements favorisent la création d’associations, de clubs divers, d’équipes sportives, permettant un vrai maillage de toute cette animation.

Ces réalisations laissent entrevoir que ces 4 arrondissements peuvent vraiment redevenir des quartiers de ville banalisés. Et il est, même, permis alors de penser que le calme relatif qui y règne (alors que tant de grandes villes sont secouées par de véritables émeutes) n’est pas dû qu’à l’économie parallèle…

2- Le grand trou noir, de 1995 à 2003 :

Un tournant, dramatique, en 1995. Les 4 arrondissements du Nord se retrouvent dans l’opposition municipale, ils n’intéressent plus guère la nouvelle municipalité dirigée par JC. Gaudin qui se focalise sur le Sud qui « vote bien » !

Toutefois, la décision de R. Vigouroux de créer Euroméditerranée s’était accompagnée de celle de lancer un grand programme urbain (GPU) sur les ardts du Nord. Effectivement, le GPU va poursuivre, dans les noyaux villageois des 15/16 et les grands ensembles, la politique de rénovation « lourde », bien visible à l’échéance des renouvellements électoraux, mais il se limite à cette politique-là, négligeant le soft, nécessairement à échéance longue  et qu’on ne remarque guère.

Bien des équipements sociaux périclitent ou ferment. Surtout l’extraordinaire maillage qui faisait la vie commune de ces quartiers s’effiloche. Les Régies de Quartier s’étiolent, disparaissent pour certaines.

3- Marseille Rénovation Urbaine, à partir de 2003

Le GPU se transforme, en 2003, en Groupement d’Intérêt Public  pour le Grand Projet de Ville. Partenariat public, renommé Marseille Rénovation Urbaine (MRU) en 2012, il rassemble l’Etat, la Ville de Marseille, la Communauté Urbaine MPM, le Conseil Général, le Conseil Régional, la ville de Septèmes-les-Vallons, l’Association Régionale des Organismes HLM et la Caisse des Dépôts et Consignations. Son financement sera commun, largement soutenu par l’ANRU (Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine) pour plus du quart.

Les sommes dégagées sont considérables, du jamais vu : prés de 1.000 Millions €, investis ou programmés dans 14 quartiers (« quartiers nord » et « centre nord »)

Mais ses trois missions :

– pilotage stratégique des projets de renouvellement urbain,

– mutualisation des financements de projets,

– management et coordination des projets,

couvrent, en fait, essentiellement des projets « hard », création de voiries, démolition de grands ensembles, certes vétustes et leur remplacement sur place ou ailleurs, des locaux pour activités (Malpassé). Le MRU est tourné vers la rénovation urbaine beaucoup plus que vers  le « soft« . L’animation des quartiers, capitale pourtant pour en assurer la durée, est laissée à des mairies de secteur, d’opposition, qui n’ont plus les moyens de l’assurer. Mais, pour la Municipalité, il faut que les travaux se voient, que des grues se dressent (politiquement c’est bon !). Le vrai problème se trouve dans le décalage des échéances. Les grands travaux d’aménagement, le hard, peuvent être décidés, étudiés, réalisés, à l’échelle d’une municipalité de 5 ans  et, surtout, ils sont bien visibles. Par contre, pour permettre aux populations, existantes ou nouvelles, de vivre normalement, comme dans tout quartier de ville, le gros investissement social, le soft, n’est pas rentable politiquement.

4- Le contrat Urbain de cohésion Sociale- CUCS

Héritier de la vieille procédure DSQ de la Politique de la Ville des années 90, également sous forme de GIP, il couvre sept quartiers dans le Nord et développe plusieurs thèmes (Habitat, cadre de vie- Emploi, insertion, formation- réussite éducative- Prévention de la délinquance- santé- culture), avec une équipe dédiée par quartier. Avec des moyens sans commune mesure avec ceux du MRU, des équipes mal démultipliées par des associations en grande difficulté, il se retrouve incapable d’assurer le soft indispensable. L’insécurité, la violence, deviennent chroniques, l’économie parallèle (elle a toujours existé plus ou moins clandestinement) se développe au grand jour, le chômage des jeunes bat tous les records (il atteint 50% dans le 14ème ardt !), les grands ensembles, particulièrement les grandes copropriétés, se dégradent de plus en plus, faute d’entretien…. Des familles en détresse (le nombre de familles monoparentales, avec mère seule, est considérable, 25% des foyers), sont mal suivies par l’encadrement social. Une jeunesse, livrée à elle-même, « décroche » bien souvent de l’école (près de 40% de la population de plus de 15 ans y est sans diplôme !). L’aide municipale au travail scolaire s’est quasi interrompue.

En 1997, s’ouvre, à St-Louis, l’Ecole de la deuxième Chance (avec l’aide puissante d’Edith Cresson, commissaire européen). Et on se rend vite compte que l’accroissement record de « décrocheurs » et donc d’échecs scolaires, rendrait indispensable l’ouverture d’au moins deux nouvelles Ecoles de la deuxième chance. La jeunesse, chance de ces quartiers, en devient le problème majeur !

Les Quartiers Nord, réservoir d’insécurité pour toute l’agglomération, deviennent le repoussoir de Marseille dans la création de la Métropole 

Que faire ?

Devant l’état où ils se trouvent et l’importance de l’enjeu, il est évident que la situation de ces quartiers, dont l’insécurité est devenue une affaire nationale, ne pourra être améliorée sensiblement sans une action soutenue, coordonnée, longue, des pouvoirs publics, en collaboration avec les responsables locaux.

Et elle est d’autant plus nécessaire, pourtant, qu’il y a une floraison d’initiatives privées, éducatives, sociales, culturelles, économiques, ouvertes largement à tous (comme le Rocher dans le 15ème, Marseille-solutions, dans le 14ème, Massabielle dans le 13ème) qui font un travail d’animation exceptionnel dans ces quartiers difficiles, mais il n’y a personne pour  les piloter, coordonner, mettre en synergie. Et je n’évoque que pour mémoire toutes les entreprises de la zone de Château-Gombert ou celles rassemblées dans Cap au Nord.

Les limites d’une démarche presque exclusivement hard, menée jusqu’à aujourd’hui, deviennent évidentes (le dommage c’est que les deux GIP, MRU et CUCS, se retrouvent avec une Présidente et une Vice-présidente communes et qu’on aurait pu en espérer une meilleure coordination !).

Il devient indispensable d’élargir la démarche du MRU, quitte à mieux répartir la « manne » restante, à tout l’environnement social, éducatif, culturel, le soft. Ce travail en profondeur sur la population est une opération de longue durée, incompatible avec la situation politique locale qui va connaître, jusqu’en 2020, des bouleversements majeurs (mise en place de la métropole en 2016, élection des conseillers métropolitains au suffrage universel en 2020). Il est très prévisible qu’elle ne sera pas engagée et tout sera à recommencer !

Le « personnel politique » local, décrédibilisé (l’absentéisme aux élections bat tous les records) n’est guère préparé à la mutation profonde qui nous est imposée par des circonstances de plus en plus prégnantes et qui risquent de nous valoir une méga explosion que notre agglomération a pu éviter jusqu’à aujourd’hui.

L’Etat a bien compris l’intérêt majeur pour la France d’avoir, en bord de Méditerranée, une Métropole active, pacifique, dynamique, il doit alors s’investir beaucoup plus directement dans cette action que je qualifie de soft.

Il dispose déjà d’une OIN (Euroméditerranée), de deux GIP… Sans, surtout, intervenir de façon législative, il peut, par voie réglementaire, en modifier l’objet, l’emprise, en fusionner certains éventuellement, sachant que si l’on peut laisser les opérations lourdes, de moyen terme, aux collectivités territoriales, l’Etat doit se réserver le long terme, sous une forme ou une autre, mission de préfiguration ou mission métropole, en y associant les élus bien sur, pour mettre en place l’outil métropole, à remettre aux élus en 2020, ou à la rigueur en 2016.

En fait, il s’agit, comme cela fut initié, au tournant des années 80, dans les grands ensembles HLM en rénovation, de donner à la Mission une fonction de Maitrise d’œuvre sociale, un pilotage, d’un genre nouveau à l’échelle de ces quartiers.

Il faudra donner aux élus des « os à ronger », ne pas leur faire perdre la face, jouer sur l’opinion publique. C’est d’autant plus faisable, avec la répartition soft/hard, que la population est plus sensible au hard qu’au soft et que les élus sont beaucoup plus attachés à conserver une certaine marge de manœuvre sur le hard, bien visible.

Aux responsables administratifs, à commencer par la mission métropole, appuyée sur les commissions qu’elle a créées, de déterminer les compétences à laisser aux élus et celles à réserver à la Puissance Publique. En fonction de la liste de compétences à répartir entre collectivités territoriales et Etat, sera étudiée la répartition des compétences et des statuts à donner aux divers établissements publics (OIN, GIP,…) déjà en place.

Les sondages d’opinion montrent que la population, par ses forces vives surtout, est massivement d’accord sur la grande métropole (surtout si elle fusionne avec le Conseil Général) alors que les élus, presqu’unanimes, la refusent. C’est, donc, au gouvernement d’agir, avec diplomatie et intelligence, en utilisant l’opinion publique. Cela exige, bien sur, une vraie politique de communication vis-à-vis de la population et de toutes ses forces vives.

 

                                                  Pierre RASTOIN

Ancien Maire des 13°/14° Ardts de Marseille

                                             Ancien Président de l’OPAC HMP

                                 Président d’ESIA (France Active), financeur solidaire pour l’emploi

Marseille village gaulois ?

Marseille village gaulois ?

J’ai été très frappé par la déclaration finale de l’intervention du Premier Ministre à Marseille, le 20 août 2013 :

Si Marseille a besoin de la France, la France a besoin de Marseille.

Depuis près de 50 ans la question se pose. De part et d’autre ? Cinquante ans que, de part et d’autre, on hésite à corriger la tendance séculaire des Marseillais à préférer leur vocation portuaire, ouverts sur le grand large, peu intéressés par leur ancrage au Continent.

Un peu d’Histoire

Il n’est que de voir son histoire depuis un bon demi-siècle :

Elle fut la seule grande agglomération à refuser de suivre la loi sur les métropoles du 31/12/1966, et le Général de Gaulle (vieille amitié de Résistance ?) permit à Gaston Defferre de conserver son indépendance.

Mais sans tarder l’Etat central, par la DATAR, créée en 1963 par O. Guichard, puis dirigée par Jérôme Monod, comprend l’importance majeure pour la France de cette ouverture essentielle, au débouché du couloir rhodanien, sur la Méditerranée et entreprend de corriger l’erreur. Décidé à contourner Marseille, décidemment ville rebelle, cherchant des points d’appui locaux (ce sera souvent la Chambre de Commerce), l’Etat organise la zone industrielle de Fos sur Mer avec l’extension du Port de Marseille, il décide la création du CEA de Cadarache, du CETE, d’Eurocopter, puis grâce à la loi Boscher de 1970, la création des villes nouvelles et des grandes zones industrielles ou commerciales tout autour de l’Etang de Berre, enfin pour relier toutes ces implantations, le maillage de voies rapides, entourant Marseille à 20 ou 30 km. Tout cela créé, organisé avec de hauts fonctionnaires. Marseille, elle, s’enfonce, toute seule, dans le déclin, accueillant les populations les plus pauvres, souvent immigrées, dans les ZUP de Quartiers Nord plus ou moins abandonnés, futurs ghettos qui font trembler aujourd’hui toute l’agglomération, renvoyant, par contre, entreprises performantes ou centres de formation (dont les Universités), dans sa périphérie plus ou moins lointaine.

Une parenthèse qui eut pu être éblouissante si elle avait eu des lendemains : la municipalité de Robert Vigouroux de 1986 à 1995. Le nouveau maire refuse la perspective dont il hérite. Grâce à l’aide de l’Etat, comme toujours, mais cette fois c’est lui qui est à l’initiative, R. Vigouroux lance les grands projets qui forment, encore aujourd’hui, l’essentiel des investissements d’avenir de Marseille : Euro-Méditerranée (encore que, comme le rappelle R.Vigouroux dans une interview récente, « l’actuel maire a largement dénaturé le projet, en en faisant une luxueuse opération immobilière plutôt que le projet à vocation économique et industrielle que nous avions imaginé« ), le Grand Projet de Ville devenu Marseille Rénovation Urbaine (MRU) pour les Quartiers Nord, une vraie politique culturelle, le désenclavement de Marseille par les tunnels Prado-Carénage et Major, la relance de la grande rocade L2, la décision de créer, enfin, la Communauté Urbaine avec les 17 communes environnantes…

La Municipalité suivante terminera ce qui était en cours (sauf la L2, laissée en l’état depuis 17 ans ce qui provoquera la stupéfaction du 1er Ministre lors de sa 1ère visite), les lignes de tram (en transformant radicalement le projet initial de prolongement vers l’extérieur des lignes de métro, le remplaçant par le doublement en surface de ces mêmes lignes en plein centre ville), renvoyant à Fos l’usine de traitement des ordures ménagères, pourtant décidée dans la périphérie proche, créant, à chers deniers dans les Quartiers Sud, un Palais de la Glace et de la Glisse peu fréquenté, décidant de couvrir, en partenariat public-privé, le Stade Vélodrome pour un coût de quelque 270 millions d’Euros, alors que la ville est exsangue…

La grande opération qui donne, aujourd’hui, à notre ville une lumière internationale, Marseille-Provence 2013, support de Marseille capitale européenne de la culture, a été sauvée par l’intervention de la Chambre de Commerce, son président, Jacques Pfister, en prenant la présidence et recrutant successivement pour directeurs généraux deux grands hauts fonctionnaires, Bernard Latarjet puis Jean-François Chougnet.

Si Marseille n’a pas sombré dans un déclin irréversible, c’est probablement grâce à tous ces hauts fonctionnaires, directeurs généraux d’Etablissements publics créés par l’Etat et qui permettent de penser encore aujourd’hui que, malgré la carence d’hommes politiques (de droite ou de gauche et les péripéties de préparation des prochaines élections ne laissent pas beaucoup d’espoir !) plus intéressés par leur réélection, avec la tentation permanente de clientélisme, Marseille peut encore servir la France selon le vœu du Premier Ministre.

Propositions

Si la France a besoin de Marseille, si le 1er Ministre veut être conséquent avec ses déclarations, l’Etat doit en prendre les moyens.

Sans même mettre la ville sous tutelle, L’Etat dispose déjà de moyens considérables qu’il n’utilise peut-être pas assez, notamment les Etablissements Publics et autres GIP, présidés certes par des élus locaux, mais où le pouvoir est assuré par un Directeur Général nommé par l’Etat et sérieusement contrôlés par le Préfet. Nous connaissons déjà plusieurs de ces Etablissements qui ont un rôle majeur, Euro-Méditerranée, le Grand Port Maritime, Marseille Rénovation Urbaine, on pourrait y rajouter MP13, la nouvelle université Aix-Marseille ou la gestion  du futur partenariat public/privé de la L2… Le Pdt de la CUM, Eugène Caselli, par une lettre du 26 Juillet 2013 au 1er Ministre, demande l’extension de l’Opération d’Intérêt National Euro-Méditerranée à l’hypercentre de Marseille.

La Métropole Aix-Marseille-Provence va se mettre en place d’ici deux ans (elle a d’ailleurs été votée sans coup férir et aucun maire n’a démissionné comme certains l’avaient menacé !). D’ores et déjà sa direction est assurée par un Préfet et une équipe de hauts fonctionnaires. L’Etat n’a pas voulu expérimenter le suffrage universel pour renouveler le « système », alors il faut prévoir des mesures transitoires. D’où ma proposition :

Profitant du bouleversement prévisible des structures locales, des élections prochaines, des besoins manifestes de Marseille et de son agglomération,

– l’Etat commence par fusionner Euro-Méditerranée et MRU, sans oublier leur extension vers l’hypercentre et les quartiers Nord élargis, tout en recentrant leur vocation (selon le projet initial rappelé par Vigouroux). Sa direction générale, assurée par un Préfet ou autre très haut fonctionnaire, serait bienvenue.

– La structure MP13 est pérennisée pour prendre en main la politique culturelle et de rayonnement de toute la métropole à l’expiration de l’année européenne.

– Une structure publique, poursuivant la mission de préfiguration (comme ce fut le cas lors de la fondation d’Euromed), sous la direction d’un Préfet, ou assimilé, prendrait en charge jusqu’en 2020 (élection du Conseil Métropolitain au suffrage universel) les grandes compétences définies par la loi. Bien évidemment la direction « politique » sera assurée par un élu (comme pour Euro- Méditerranée), assisté par un conseil mixte.

….

Tout cela ne peut être mis en place que pendant le court instant permis par la conjoncture actuelle. Passées les élections et la mise en place d’Aix-Marseille-Provence, ce ne sera plus possible et tout repartira comme avant. Les besoins de financement considérables nécessités par tous ces projets, forcément mis à disposition par l’Etat, compte-tenu de la dégradation de nos finances locales, peuvent être un moyen de pression efficace.

                                                                            Pierre RASTOIN

                        Ancien adjoint au Logement et au Centre-Ville, ancien adjoint aux Finances

                                      Ancien Maire des 13°/14° Arrondissements (Quartiers Nord)

                                                           Ancien Président de l’OPAC HMP